« Lomé vivina » = « Il fait bon vivre à Lomé » !

« Lomé vivina », en français « Il fait bon vivre à Lomé », c’est le titre d’une chanson mais c’est aussi le titre d’un film documentaire, celui de la Franco-togolaise Marie Samatha Saly, projeté le mercredi 18 janvier dernier au centre culturel Mytro Nunya. Ce fut dans le cadre du festival « Liberté de circulation » qui a été l’occasion de la production de plusieurs spectacles suivis de chauds débats.
« Lomé vivina » ! L’initiative est louable. La démarche, originale. Le résultat ? C’est un diapositif avec des commentaires issus de voix variées et très enthousiastes de sportifs de dimanche, tous membres de « Alfa footing Club ». Ah ! Il fallait le faire, ce film. Un scoop, au fait. Les personnages parlent de leurs motivations, des retombées très bénéfiques de ce sport hebdomadaire sur leurs santés physique et psychique, du climat amical qui prévaut entre eux, etc. Ils sont de différentes catégories socioprofessionnelles (commerçants, employés de bureau, artistes, etc.). Ils sont mariés ou non, croyants pratiquants ou non. Leurs commentaires sont émaillés, quelques fois, de l’ambiance festive du footing faite de chansons rythmées par des instruments simples. Dans les faits, généralement, ils partent en groupes qui s’agrandissent au fil des quartiers traversés. Ces convois prennent leurs sources dans des quartiers périphériques, parfois très éloignés de Lomé tels qu’Adidogomé, Agoè, Hédrzanawoé, etc. Les convois ont tous, pour point de chute, la plage. Une plage, à l’occasion, noircie de monde et où la « fête » se poursuit dans le sable fin avec des exercices physiques de tous genres. Ces détails, il faut connaître le phénomène pour les connaître parce que le film ne les dévoile pas forcément. Et pourquoi, donc, avoir choisi des photos et non des images vidéos pour témoigner d’un fait si vivant ? La réalisatrice avait, à cet effet, un objectif : « Mettre l’accent sur le contenu des interviews pour éviter que le public, trop emballé par la chaude ambiance de la course ne s’évade trop ». A-t-elle atteint son objectif ? Certainement. Mais le débat qui a suivi la projection du documentaire a révélé des insatisfactions. Certains ont même parlé d’un film sans vie. Mais, ce point de vue n’a pas été celui de tout le monde. Il y en a qui ont, très sérieusement, apprécié l’originalité avec laquelle Marie Saly a traité le sujet. Tant mieux !
Nathalie Akakpo
Les curieux pourront revoir ce film le mardi 6 mars à l’Institut Français de Lomé.

