La vision qui est la notre à la fondation de ce lieu alternatif est d’en assurer sa pérennité et son indépendance en s’assurant d’unprocessus d’autonomisation sur deux plans : les finances, et les ressources humaines. Pour cela, autant dans nos choix de recrutement et de formation, qu’en matière de financement, nous avons privilégié l’engagement, l’économie sociale et solidaire, et la solidarité internationale.

Sur le plan financier, la première règle est de dépenser le moins possible en matière de charges fixes, et de s’appuyer sur l’engagement des militants et des artistes pour nos activités. Ainsi, notre budget mensuel moyen s’élève autour de 200.000 F. CFA, soit 300 euros.

Nous n’avons la chance de ne pas avoir de loyer à payer, puisque le local du centre est un héritage familial, qui tombait en décrépitude, et que nous entretenons et faisons vivre.. Pour faire face aux frais inévitables (salaires, électricité), nous avons pensé à différents moyens de générer des ressources financières pour le centre.

La première, ce sont les adhésions et cotisations des membres. Chaque structure paye en effet 10.000 FCFA (15 euros) d’adhésion par an. Les abonnés à la bibliothèque paye 2000 CFA (3 euros) par an.

Hélas, beaucoup de structures ont du mal à payer leurs adhésions, ce qui fait de ce poste un bien maigre budget. Seconde source de revenus, les entrées payantes et les participations aux frais pendant les soirées, bien souvent modestes là aussi, puisque la plupart de nos activités sont gratuites.

Par ailleurs, les activités « commerciales », avec la boutique (bar et produits locaux), qui en plus d’offrir un espace de convivialité, nous permet de prendre en charge une partie de la facture d’électricité s’établissant entre 25000 et 35000 par mois et qui représente la seconde charge après les salaires du coordinateur (Amanga, depuis un an et demi) et de la serveuse (Believe actuellement).

Là encore, pas vraiment de rentrées d’argent, mais au moins l’activité s’autofinance.

Depuis 8 mois, l’AMAP nous permet un petit bénéfice d’en moyenne 1.000 F par panier,

soit entre 10.000 et 15.000 CFA par semaine (soit 40.000 à 60.000 FCFA par mois).

En résumé, les ressources « locales » assurent déjà, après seulement 2 ans d’existence,

entre un quart et la moitié des besoins financiers nécessaires à la survie du centre.

Pour assurer le paiement des autres charges (eau, ordures ménagères, frais de communication dont téléphone, internet, affichages et flyers), nous faisons appel à la solidarité internationale.

La première année, nous avons reçu environ 500 euros de don, essentiellement auprès d’amis français ou togolais, à distance, ou de passage au Centre. La seconde année, ce fût environ la même chose, avec une particularité, nous avons demandé à certaines personnes de réaliser un don mensuel continu, plutôt qu’un don unique particulier, ainsi, depuis mars 2012, nous avons 3 personnes (seulement !) qui nous soutiennent dans la durée, avec des dons mensuels de 5, 10 et 40 euros, soit 55 euros (35.000 FCFA) mensuels.

Enfin, l’accueil de stagiaires et/ou de volontaires internationaux pour des séjours d’un à 4 mois cette année, nous permet de bénéficier de leurs compétences dans différents domaines (transférer à nos membres), et d’une rentrée d’argent non négligeable (100 euros / mois / personne).

Et maintenant, que veut-on ?

Pérenniser l’action du centre, et continuer notre retrait partiel puis total (financier et direction)

Développer les activités et les projets qui génèrent un revenu, de façon à rémunérer les artistes dignement, contribuer à la formation de jeunes et à la création d’emplois dignes, entre autres dans les milieux agricoles .

Concrètement, si on avait un peu plus d’argent, on pourrait :

renouveler le matériel audio et vidéo du centre, qui arrive en fin de vie,

organiser certaines activités qui nous tiennent à cœur mais non réalisables pour le moment faute de moyens (Rencontre sur agro-écologie Togo/Bénin, Festival des arts urbains, Développement du réseau Accueil Paysan Togo)

développer / consolider notre boutique de produits locaux (agricoles et transformés)

Autres éléments : activités de communication (tentatives en 2010 et 2011 : journal JVE, Forum Social des Travailleurs du Togo, FESTHES 2010 et 2011, TET Togo, etc…). Cela prend beaucoup de temps et d’énergie pour un résultat sur le plan financier très peu consistant. Je préfère mon consacrer à plein temps à l’animation du centre…

Laisser un commentaire